 Guy Mettan «Le rapport à l’animal est un fil rouge dans l’histoire de la pensée. On s’est d’abord demandé s’il avait une âme puis avec Descartes s’il était un pur mécanisme, puis s’il souffrait, s’il avait une sensibilité, si on pouvait l’enfermer et récemment s’il avait des droits». (Robert Maggiori)
Du poulet d’Aristote au chat de Derrida en passant par le lion de Nietzsche et l’éléphant de Kant, les animaux ont accompagné et stimulé la réflexion des plus grands philosophes, jusqu’aux derniers ouvrages de chercheurs comme Peter Singer, Jane Goodall ou Frans de Waal, pour qui il n’y a pas de propre de l’homme et qui s’oppose aux théories de l’exception humaine, qu’elles fassent de l’homme une espèce destinée à dépasser une animalité mauvaise ou qu’elles le présentent comme une aberration de la nature, dont les progrès techniques et intellectuels seraient peu en rapport avec sa capacité à gérer son agressivité. Au moment où l’homme s’interroge sur ce qui fait son humanité et sur son rapport ambivalent et souvent destructeur à la nature et aux animaux, à l’occasion de l’ «Année Darwin» qui célèbre le bicentenaire de la naissance du grand naturaliste anglais et alors que certains extrémistes de la cause animale s’en prennent aux hommes, il nous a paru intéressant de consacrer la cinquième édition du Festival à l’Homme et à l’Animal, ces jumeaux si différents en apparence mais si proches en vérité.
Guy Mettan Fondateur et coordinateur du festival |